C'est sous la pression que le SITURV, le syndicat chargé des transports dans le Valenciennois, a bouclé lui aussi sa troisième mi-temps, l'installation d'un nouveau bureau intercommunal, après le verdict des municipales. Sous la pression de la CGT, en bisbilles depuis des lustres avec la direction du SITURV.... Inquiet, toujours, d'un hypothétique transfert de la délégation du service public transport vers le secteur privé, le syndicat avait garé deux autobus bardés de banderoles devant la salle de réunion ou les élus s'apprêtaient à choisir un nouveau président.
C'est Michel Lefebvre qui a parlé le premier. On savait que le maire de Quiévrechain était candidat à la succession de Francis Decourrière. On n'attendait pas forcément un tel ton. C'est sabre au clair que l'élu a justifié sa décision de se présenter. Pour exiger plus de clarté dans les orientations stratégiques du syndicat et dans sa gestion financière. Pas tendre, Michel Lefebvre, qui a égrené ses griefs : rapport de la chambre régionale des comptes (CRC) passé, estime-t-il, à la trappe, équilibre financier du transport public valenciennois plus précaire que jamais. « Le SITURV n'a commencé à se structurer qu'en 2006 ». Jusque là, pas de pilote dans l'avion, a sous-entendu le maire de Quiévrechain, tout étant géré par la SEMURVAL, la société d'économie mixte qui fait rouler les bus et le tram. Bref, un discours au bazooka.
C'est tendu, la mâchoire serrée, que Francis Decourrière est monté à la tribune pour répondre au tir de barrage. Et c'est le bilan du dernier mandat que l'homme du tramway a brandi comme défense. Un travail énorme a été réalisé en sept ans, a répondu le président sortant, égrenant les réalisations. Ligne 1 du tram, prolongation jusque Denain, quarante bus remplacés... Et d'apostropher l'assemblée : « Si vous considérez que j'ai failli...
» Lui est fier du travail accompli par « toute une équipe d'élus ». Et de renvoyer son contradicteur dans ses cordes. Défaut de pilotage ? En 2001, le SITURV était inexistant (deux salariés) ; le mandat 2001-2007 a permis de l'étoffer. « Et c'est moi même qui ai demandé l'audit de la CRC, dont les conclusions ont été présentées ici, aux élus ».
Le vote, à bulletins secrets, ne donnait pas vraiment prise au suspense. Francis Decourrière a raflé 24 voix contre huit. La gauche n'a pas suivi Michel Lefebvre. C'était prévisible, Un élu PCF de premier rang le laissait entendre dans la journée, tout en gardant l'anonymat « Au syndicat, nous avons toujours choisi la majorité de projets plutôt que la lecture politique. Question d'efficacité ». L'alliance, mercredi, a même été gravée dans le marbre, à travers la mise en place du nouveau bureau. Comme prévu, deux élus de gauche encadreront Francis Decourrière : Éric Renaud, le bras droit d'Alain Boquet à Saint-Amand et Jacques Marissiaux, le maire de Bruay-sur-L'Escaut.
Prochaine réunion le 2 juin, avec un gros ordre du jour, a prévenu F. Decourrière. En quittant Saint-Saulve mercredi, lui et Eric Renaud étaient d'accord sur un point : « Le plus difficile commence », avec un mandat chargé. Les lignes vers Vieux-Condé et la Belgique à réaliser, mais aussi l'équilibre financier du réseau à conforter. Et déjà, une tuile : le désengagement du conseil général sur le transport scolaire des lycéens.
T. T.
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Voici les huit autres vice-présidents élus
mercredi : Michel Blaise, Ali Ben Yahia, Michel Quiévy, Didier Loose, Yvon Riancho, Jean-Roger Berrier, Marcel Legrand, Gérard Delmotte.