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samedi 05 juillet 2008

Le tribunal ordonne le déblocage des sites, mais l'occupation continue

 Les grévistes sur les marches du palais de justice, hier matin. :  La Voix du Nord Les grévistes sur les marches du palais de justice, hier matin. : La Voix du Nord

Après une semaine de blocage de ses deux sites par des salariés en grève, la direction de LME assignait onze d'entre eux devant le tribunal de grande instance, hier matin, dans le cadre d'une procédure d'urgence.

« C'est un mouvement de grève dur », martela Me Jean-Pierre Lemaire, défendant les intérêts de LME, devant le tribunal. « Je n'ai jamais connu de conflit aussi important à LME », lui fit écho Jean-Pierre Delannoy, secrétaire de l'USTM-CGT, qui, en l'absence d'avocat, en joua le rôle auprès des salariés assignés. De cette grève « dure », chacun, bien entendu, rejetait la responsabilité sur l'autre. Et le tribunal devait trancher. Le syndicaliste tenta de repousser l'affaire à lundi. En vain.

Me Lemaire dénonça l'« excès du droit de grève », qui « vient ici contrarier d'autres droits constitutionnels ». La liberté du travail et la libre circulation des biens et des marchandises. À condition de voir celles-ci rétablies, la direction se dit prête à recevoir les grévistes « afin de traiter les revendications ». En sachant cependant, comme ne manqua pas de le rappeler l'avocat, que les négociations annuelles ont eu lieu, même si les syndicats ne les ont pas signées.

Pour Jean-Pierre Delannoy, la direction a peur du « retour de boomerang » : que le tribunal l'oblige à ouvrir des négociations.

Pour que ces dernières aient vraiment lieu, le syndicaliste suggère encore au tribunal de « nommer un médiateur ».

« Tout le monde se dit prêt à négocier et, dans les faits, personne ne négocie » : le président, Guy Pasquier de Franclieu, traduit l'embarras du tribunal. La décision est tombée cinq heures plus tard : le tribunal a ordonné aux dix salariés (le onzième n'avait pas été assigné à son adresse) de « laisser le libre accès et la libre circulation des personnes, des biens et des véhicules », sous astreinte provisoire de quatre-vingts euros par infraction constatée et par personne. Il a aussi « donné acte à l'ensemble des parties du souhait de reprendre les négociations sur les salaires et conditions de travail et de l'engagement des salariés de cesser l'occupation d'usine dès l'ouverture des négociations ».

« L'outil ne tournera pas »

« La seule chose que je souhaite, a ajouté le président en rendant son ordonnance de référé, c'est que les négociations reprennent rapidement. » Les syndicalistes n'en sont pas si convaincus. Ce « médiateur », Jean-Pierre Delannoy envisageait d'en faire maintenant la demande à l'inspection du travail. Libérer l'accès (ce qu'ils avaient déjà commencé de faire le matin pour le personnel administratif) n'enlève rien à leur combat : « De toute façon, l'outil ne tournera pas », assurait Philippe Sumera, délégué de la CGT. Et si des négociations ne s'ouvraient pas dès le début de la semaine prochaine, ils se réservaient encore ce moyen de pression : occuper les bureaux de direction.

• B. D.

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